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Auteurs les plus lus

Posted by DramaR on 21:47 in ,

Je détourne un peu la proposition de Massir, mais je reste toujours dans le même esprit, donc au lieu de citer les bouquins de la fameuse liste, je vous propose de donner votre propre liste classée par auteur, notamment ceux qui vous ont le plus marqués, je commence par en citer 10. Ensuite vous pouvez reprendre ma liste telle quelle puis rajouter les auteurs ou les livres de vos propres lectures et ainsi de suite. Bien sur si vous êtes lecteurs de blogs sans blog, vous êtes le bienvenu chez nous.

Kafka:
- Le procès
- Le château
- La métamorphose
- L'Amérique
- Lettre au père
- Journal (en cours)

Sartre:
- La nausée
- Les mouches
- Huis clos
- Les Chemins de la liberté (3 Tomes)

Camus:
- L'étranger
- La peste
- Le Mythe de Sisyphe
- Caligula
- L'Exil et le Royaume

Coelho:
- L'alchimiste
- Maktub
- Sur le bord de la rivière Piedra je me suis assise et j'ai pleuré
- Manuel du guerrier de la lumière
- Véronika décide de mourir
- Le Zahir

Patrick Süskind:
- Le parfum, histoire d'un meurtrier
- Le pigeon

Aldous Huxley:
- Le meilleur des mondes
- Les portes de la perception ( et dans le même thème L'herbe du diable et la petite fumette de Castenada)

Amin Maalouf:
- Samarcande
- Léon l'Africain
- Les jardins de lumière
- Les croisades vues par les Arabes
- Les Identités meurtrières
- Le rocher de Tanios

Dostoïevski:
- Crime et Châtiment
- le Joueur
- L'idiot
- L'éternel mari
- Bobok
- Les frères Karamazov

Gabriel Garcia Marquez:
- Récit d'un naufragé
- L'automne du patriarche
- Douze Contes vagabonds
- L'amour au temps du choléra


:نجيب محفوظ
- عبث الأقدار
- القاهرة الجديدة
- خان الخليلي
- زقاق المدق
- (1)بين القصرين
- (2)قصر الشوق
- (3) السكرية
- الشحاذ
- ثرثرة فوق النيل
- الكرنك
- همس الجنون
- خمارة القط الأسود
- المريا
أولاد حارتنا -

Et je rajoute quelques livres d'écrivains tunisiens que j'avoue n'avoir pas eu à rencontrer souvent dans mes lectures:

الحبيب بولعراس: مراد الثالث
علي الدوعاجي: سهرت منه الليالي و جولة بين حانات البحر المتوسط
محمود المسعدي: حدّث أبو هريرة قال و السد
محمد علي اليوسفي: توقيت البِنْكَا و شمس القراميد و مملكة الأخيْضَ

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Lettre ouverte au fond du puit

Posted by DramaR on 23:00 in , , ,

Aujourd'hui j'ai tout juste vingt quatre ans. Je ne sais pas si ça peut être un symbole quelconque mais ce dont je suis sûr c'est que je suis jeune, je suis étudiant et demain je suis un élément actif de la société.

Aujourd'hui j'ai un goût amer qui accroche à mon palais, j'ai beau manger des sucreries, bu des sodas, des thés, des cafés, il est toujours là.

Aujourd'hui je suis assez adulte pour discerner le vrai du faux, le bon du mauvais mais assez jeune pour pouvoir me projeter dans l'avenir, pour avoir des espérances et des rêves.

Aujourd'hui, pourtant, j'ai peur de mes espérances et mes rêves s'apparenteraient plus à des cauchemars.

Laissez moi vous racontez quelques uns de mes rêves passés et vous auriez une idée de la nature de ceux que je vois aujourd'hui.


Je viens d'un pays qui s'est mis à genoux devant une bande de voyous sans foi ni loi. Des arrivistes qui sont entrain de sucer tout ce qu'il en reste de bon , jusqu'à la moelle, qui sont entrain d'asservir, de tromper, de transformer, les gens que je côtoyais tous les jours, des gens biens, des gens chaleureux et généreux, des gens qui fut un temps se battaient pour le bien de leur pays, de leurs familles, de leurs enfants et qui aujourd'hui ne pense qu'à abandonner un navire à moitié submergé par les flots destructeurs du profit et de l'égoïsme.

Le destin a voulu que je quitte ces contrées pour d'autres qui semblaient plus verdoyantes, plus adéquates aux moissons, portant dans mes valises ma culture, ma langue, mes traditions, mes convictions, portant dans mon cœur un espoir, celui de tout un peuple.

Mais ce ne fut qu'un mirage qui s'est vite décimé devant la laideur d'une société qui se prétend libre mais qui se laisse enchainée à un système qui a commencé à détruire des empires, d'un pays qui se dit celui des droits de l'homme, mais qui ne se retient pas de les piétiner à la première occasion quand ils l'arrangent plus.

Aujourd'hui j'écris ces quelques lignes parce que j'ai eu la chance de voir toute nue la vérité du sud et du nord, et il est de mon devoir de les partager.

Aujourd'hui je me dois de vous dire que le soleil s'est couché sur la terre et il n'est pas prés de se lever de sitôt.

Aujourd'hui je n'ai pas envie d'avoir vingt quatre ans, tant le futur qui se devait m'être accueillant et favorable, semble sombre et hostile. Je n'ai pas envie de vivre dans une planète qui crie au secours aux oriels d'une bande de sourds, je n'ai pas envie de vivre au sein d'une humanité dont il ne reste de l'humanité que le nom. Je n'ai pas envie de vivre sous la botte des multinationales qui asservissent des peuples entiers, je n'ai pas envie d'écouter le discours des politiques qui se disent gardiens des libertés et des droits alors qu'ils tournent le dos aux tourments de leurs semblables pourvu qu'on leur offre un yacht ou une villa.

Aujourd'hui je n'ai plus envie d'écouter une musique qui sort des moulins à fric, je n'ai plus envie d'aller aux cinémas qui projettent des mensonges, qui incitent à la haine et à la xénophobie. Je n'ai plus envie d'allumer une télévision qui à défaut d'être un médias de grand publique et en assumer la responsabilité, est devenu une machine à laver les cerveaux. Je n'ai plus envie de lire des journaux dont les chefs de rédactions sont des businessman avides.


Aujourd'hui j'ai tout juste vingt quatre ans et tout ce dont j'ai envie c'est d'être libre et non pas avoir une illusions de liberté. J'ai envie de choisir sans qu'on n'influence mes choix. J'ai envie d'une vrai justice qui n'affame pas les pauvres, qui ne jette pas en prisons ceux qui daignent réclamer leurs droits.

Aujourd'hui j'ai honte de moi, j'ai honte de vous mais je me sens seul, incapable, blessé, asservi, triste, aigri et amer.

Alors je déverse les quelques larmes que mes nuits blanches ont bien voulu épargner. Je déverse mes larmes et elles coulent tel l'ancre formant ces quelques lignes que je vais abandonner à vos soins. Faites en ce que vous vous voulez: ignorez les, croyez les, riez en si cela vous semble approprié. Mais si mes mots ont un quelconque écho chez vous, si mes phrases vous semblent familières, si ma douleur est votre et mes cauchemars ceux là même que vous voyez, alors ne me souhaitez pas bon anniversaire, mais criez avec moi, votre colère, mettez des mots sur votre désarrois, peignez votre malheur, chantez vos espoirs. Exprimez vous comme vous pouvez où vous pouvez, peut être qu'en criant ensemble on nous écoutera, peut être qu'on travaillant ensemble on fera de ce tableau hideux qu'est notre présent un chef d'œuvre futur, qui sait?


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Consommons consommons

Posted by DramaR on 17:45 in ,

Putain j'y arrive pas!
J'ai l'impression d'avoir oublié un truc mais je ne sais plus lequel?
Vous savez cette sensation ou vous êtes là entrain de faire ce que vous faites d'habitude, c'est à dire rien, vous n'avez absolument rien demandé à personne et tout d'un coup cette impression qui vous tombe dessus, sans même que vous ne vous rendez compte de quoi que ce soit: T'as oublié de faire un truc!!

Mais quoi? Questions qui reste accroché à vous là ou vous allez, telle un parasite, elle vous pourchasse pour vous pourrir ce que vous faites. Et le pire c'est que ce que vous faites vous le faites pour oublier la fameuse question: Mais qu'est ce que j'ai oublié de faire?

Du coup, et bien, vous ne pensez qu'à ça. Vous retracez votre journée, pour essayer de vous souvenir d'une tâche que vous deviez faire, vous essayez de vous rappeler des gens que vous avez vu en essayant de faire un quelconque rapprochement avec ce qui vous échappe. Et comme quand vous y pensez, la seule chose qui vous vient à l'esprit est un trou noir, ou du moins l'image dont vous vous faites d'un trou noir, et bien vos efforts sont comme aspiré par cette entité mystérieuse de votre mémoire.

Ah! Votre mémoire! Cet outil magnifique dont nous a doté le Seigneur ou la nature, qu'importe, si précieux et sans lui nous ne serons pas maîtres de la terre qu'on s'efforce,soit dit en passant, de détruire avec tout les moyens dont nous disposons! Sans lui on n'aurait ni passé, ni futur! Sans lui on existera comme les lichens ou les salades vertes! Mais grâce à la mémoire on est différent des légumes et autres animaux: Nous, on consomme!!!

Et oui, vous vous rendez compte? Depuis que l'homme s'est mis à marcher sur deux pattes, il n'a pas cessé d'être inventif, curieux, ambitieux... Il a traversé les océans, marché sur la lunes, inventé le téléphone, l'automobile et le hamburger, la philosophie, les mathématiques et les comédies musicales.
Mais.. Maintenant... on est tellement évolué qu'on a plus besoins d'inventer ni de réfléchir d'ailleurs, puisqu'on consomme.

Tout a un prix! Même nous! Nous sommes un produit entreposé sur les étagères d'un gigantesque hypermarché, emballé, étiqueté prêt à porter. Un hypermarché à dimension planétaire accessible à quelques privilégiés qui aiment jouer aux Dieux. Je dois avouer tout de même que le système a des failles, car on a déjà vu des produits dans le rayons alimentaire ou la librairie, se rebeller, déchirer leurs emballages et commencer à réclamer leur liberté.
Mais ne vous inquiété pas, mesdames et messieurs, on les surveille bien et s'ils vont trop loin on essayera nos nouvelles armes sur eux, qu'ils servent à quelque chose au moins.

Et oui on est des boites de biscuits et des bouteilles de sodas, et il y'en a même qui se vendent par lot.
Tout ça à cause ou grâce à la mémoire, entre autre, car ce n'est pas l'unique part importante qui nous compose afin d'être de bon et loyaux consommateurs.

Alors.. Écoutez... moi je dis, consommons consommons, que nos maîtres s'en mettent plein les poches et qu'ils soient content de leurs petits troupeaux. Les pauvres, ils ont tellement travaillé pour nous conditionner et nous exploiter sans trop se faire de soucis.
Si Dieu a fait l'homme à son image, il doit se demander comment est ce qu'on est arrivé à ne plus lui ressembler?
Et au fait, si je me rappel de ce que je devais faire, je vous le dirai promis ;-)

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1er Décembre: Mobilisons nous pour l'Afrique

Posted by DramaR on 10:45



Et oui, il n'y a pas que la faim ou la guerre qui tue en Afrique. Voilà bien un ennemie encore pire à combattre. Il use de tout les moyens pour tuer femmes et enfants, l'ignorance, la pauvreté, l'insalubrité...

En effet, le Sida est la premiére cause de mortalité en Afrique, où 22,5 millions de personnes sont infectées par le VIH (seul 28% ont accès aux traitements anti-rétroviraux) et où 18 millions d’enfants pourraient être orphelins d’ici 2010.

Mais comme nos gouvernements et surtout les autres plus puissants que nous, préfére acheter des armes et financer les tyrans, que nos firmes pharmaceutiques sont sans éthique aucune, à part celle du gains, et que nous passons notre temps acheter le dernier I-phone et les Jeans à 100 € , les sidéens d'Afrique n'ont d'autres alternative que de crever. Une mort causé par une maladie qui se traite et avec laquelle on peut vivre plusieurs années. Une mort lente et douloureuse, parce qu'il n'y a eu personne pour leur dire que c'est facile d'éviter le Sida.

Enfin bref, la réalité est douloureuse, le sida en Afrique n'est qu'une partie du problème, malheureusement, mais une partie contre laquelle tout un chacun peut lutter, grâce notamment, à un fond de solidarité créé en 2007, le FSSA (Fond Solidarité Sida Afrique) qui reçoit vos dons mais aussi toute contribution afin de gérer une vrai pandémie qui tue par millions.
Fond-Afrique.org

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El3id Fi bollywood

Posted by DramaR on 17:25 in


3idkom Mabruk

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De la Religion...

Posted by DramaR on 06:29 in ,

Un texte que j'avais gribouillé sur mon calepin il y a quelques temps:

Je viens de finir la lectures de quelques bouquins. En effet, je me suis, comme me l'avait conseillé un ami, décidé à faire une pause sur mes écrits et d'aller puiser l'eau à la source afin de mieux alimenter mon moulin. Donc je me suis fixé comme but d'achever la lecture de trois livres. Le fait que je n'avais pas le net chez moi m'aida beaucoup et je me suis mis à parcourir les rues de paris, tantôt à pieds tantôt en bus, mais toujours un livre sous les yeux. Choses qui m'a permis de consacrer quatre à cinq heures aux livres. En temps normale c'est bien mon quota de lecture mais pas forcement d'œuvres originales mais quelques articles par ci par là, sur le net et un bouquin quand je ne suis pas chez moi. Et j'avoue que de consacrer son temps libre uniquement aux livres pendant un certain moment est une expérience somme toute agréable.


Parmi les trois œuvres qui me sont tombées entre les mains, Maktub de P.Coelho me frappa en particulier. Dans sa petite préface l'auteur présente son œuvre comme étant un échange d'expériences. En effet, le livre se présente sous la forme d'un recueil de petites fables si j'ose dire. Entre les conseils de son Maitre et des histoires puisées dans différentes cultures et légendes du monde, Paulo Coelho nous offre là, quelques bribes d'un héritage humain riche en sagesse. Chaque page mérite à elle seule une longue méditation. En effet ce n'est pas un texte qui se lit de façon linéaire. Son lecteur, doit dans un premier temps le parcourir, ensuite revenir à sa guise vers les histoires et les morales qui mériteraient selon lui d'avantage d'approfondissement.

Il est vrai toute fois que celles ci se basent souvent sur la foi catholique et l'enseignement de Jésus et des saints du christianisme. Mais ceci ne diminue en aucun cas l'universalité de des messages ( et j'insiste sur le pluriel) qu'il contient.

En finissant sa lecture et je n'en aurais pas fini de si tôt il est vrai car depuis je reviens souvent au pages que j'ai marqué lors de mon premier parcours, donc en le finissant, je ne put m'empêcher de comparer la quête spirituelle des moines et des sages jésuites, chrétiens, juifs et autres qui nous parvienne à travers ce texte et la façon de nous enseigner « la quête de Dieu », à celle qu'on nous a apprise hier nos professeurs, nos ainés, nos maîtres...

Cette dernière semble être une successions d'interdictions et d'actions à suivre à la lettre pour le salut de nos âmes. Comme si nous devions acquérir une certaine somme de crédits afin d'éviter le châtiment. Notre religion, et je dis notre parce que l'Islam s'inscrit dans mon identité même si je m'en éloigne, s'est écarté de la vrai nature que devrait revêtir chaque croyance et chaque religion. Elle ressemble aujourd'hui à une charte ou un ensemble de loi dont il ne faut pas s'écarter voire les suivre à la lettre pour mériter le royaume des cieux. Ceux qui se prétendent guides spirituels, Oulama, Fouqahaa... se contentent de nous dicter leurs fatwas interdisant ceci ou « Hallelisant » cela, au lieu de faire leur priorité que de nous inviter à réfléchir nous même et à méditer l'enseignement de Dieu et des sages. Une religion n'est pas un but en soi, c'est un moyen comme un autre, qui permettra à ceux qui veulent le suivre d'accomplir sa quête spirituel ou sa « légende personnelle ». Il parait vraiment absurde que ceci peut être accomplie en se contentant d'appliquer des règles préétablie, généralisé à tout les croyants, ou j'ai envie dire réduire ça à une simple équation mathématiques à équilibrer.


Une religion est un chemin pour se rapprocher de Dieu et là je dégage Dieu de toute forme de personnalisation ou de conscience. L'art est une religion, le travail est une religion, l'amour en est une, toute chose qui nous permets de nous améliorer, de nous épanouir, d'atteindre nos buts est une religion. Le reste n'est que dogme et obscurantisme.


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Voyage au fond du puit

Posted by DramaR on 10:16 in , , ,

Ils me permirent de les suivre. Ce fut une surprise pour moi. Ils étaient fort bien habillés, une fraîcheur étonnante en émanait et leurs visages rayonnaient d’une étrange lueur pure. Je ne me rappelais plus du chemin que j’ai dû emprunter pour arriver là, marchant dans leur sillage, essayant tant bien que mal à tenir leur rythme. J’avais l’impression que ma mémoire fut effacée par un quelconque sortilège. Mais la fatigue que je ressentais et l’état des mes habits en loques prouvaient que je ne faisais en aucun cas partie de ce cortége à son départ. Et pourtant, ils me laissèrent leur emboîter le pas et à chaque fois que cette douleur lancinante m’élançait à la jambe, m’obligeant à ralentir le pas, ils faisaient en sorte que je puisse les rattraper. Ils avançaient d’un pas saccadé mais régulier et ils ne disaient mot. Je fus même frappé par le silence qui règne sur ce paysage lugubre et étrange : Une vallée rocheuse s’étendant à perte de vue interrompue à l’est par une montagne qui semblait s’élever jusqu’aux confins du ciel. Il n’y avait point de soleil. Je crus un instant qu’il faisait nuit mais l’absence d’étoiles me suggérait le contraire.

Où somme nous ? Quelle contrée de la terre pouvait être aussi lumineuse alors qu’on ne voyait aucun astre au ciel ? Serait ce leur aura qui illuminait notre chemin ? Et d’ailleurs, ou va-t-on ?

Ils me jetèrent soudain, un regard plein de reproches comme s’ils étaient dérangés par les questions que je me posais. Liraient-ils mon esprit ?
Tout ce dont je me rappelais, était que je marchais le long de la rue des Carmes absorbé par milles pensées. Puis, le néant. Je me retrouvais simplement marchant à coté de ces gens, qui n’ont, à première vue, des humains que l’apparence.
« Taisez vous donc, nous sommes bientôt arrivés »
Mais ou donc ? Je voulus crier cette question tellement je me sentais en proie à une frayeur soudaine. Mais tout ce qui se dégagea de ma gorge sèche, ne fut qu’une espèce de grognement animal.

Où va-t-on ? Où suis-je ? Qui êtes vous ? … Tant de questions, sans réponses, martelaient ma tête endolorie et pesaient sur mon cœur haletant. L’absence de réponse de leurs parts et l’impossibilité de trouver une explication rationnelle à tout ceci, m’abandonna à une peur insurmontable et je fus envahie par un sentiment désagréable et tellement étrange qu’il me fut impossible de le définir. Ajouté à cela le majestueux silence qui pesait avec une force colossale sur ce désert rocailleux, je sentis tout mes membres trembler et mes jambes incapable de me porter. « Tenez bon, Il ne nous reste plus beaucoup de chemin ». Ils parlaient d’une seule voix. J’avais du mal à les croire bien qu’ils paraissaient exercer sur moi une influence magique. Car, comment voulez vous qu’on puisse arriver, bientôt à un endroit quelconque, alors que le chemin que nous suivions, bien que tracé avec précision dans la roche, s’étendait à perte de vue.

« Ne vous fiez, donc, pas à vos sens. Ils ne vous seront d’aucune utilité ici »
Je me rendis aussitôt compte qu’il n’y avait pas la moindre senteur qui aurait pu flotter dans l’air. Même leurs voix, semblaient résonner dans ma tête, au lieu d’arriver à mes oriels. Une frayeur gigantesque me prit soudainement ; une seule explication pouvait avoir un semblant de bon sens : Je ne suis plus, je suis mort. A cet instant précis ou j’arrivais à cette conclusion, je les vis sourire, pour me rassurer ou confirmer mes doutes, que sais je ? Et à l’instant même où je vis le sourire mystérieux s’effacer de leurs visages, nous changeâmes de paysage ; comme si une force invisible venait de nous transporter dans un somptueux palais ou ce qui me semblait en être un.

Des colonnes géantes s’élevaient maintenant un plafond peint de milles fresques et traçants un couloir, qui traversait un jardin ou fleurissaient des arbres plus étranges les uns que les autres. Le chemin, devint incliné au bout d’un moment et s’enfonça dans le sol prolongé par un tunnel. Nous y pénétrâmes, traversant un passage étroit et fort lumineux. On pouvait distinguer sur ces mures différentes scènes dessiné selon une succession logique dans le temps, décrivant la vie d’une femme qui semblait traverser les ages de l’humanité.

Nous arrivâmes, bientôt, dans une grande salle, surplombée plafond rond, ou était peinte une voûte céleste, parsemée par des milliers d’étoiles qui me paraissaient briller, bien que assurément peintes. La pièce était vide de tout meuble, mis à part un tapis rond en son centre qui, si on ne faisait pas attention, semblait se confondre avec le marbre pourpre qui couvrait le sol.
« Asseyez vous » firent ils en prenant place tout au tour de tapis formant ainsi un cercle parfait tout en me laissant une place. Je fis de même, impatient de voir comment tout cela va finir mais surtout fort content de pouvoir enfin me reposer.
« Fermez les yeux » Je m’exécutai, et au lieu de sombrer dans le noir habituel qu’une telle action aurait engendré, je vis de la même manière que si j’avais les yeux ouverts à la différence prés qu’au milieu de notre cercle, était accroupie une femme d’un age avancé dont émanait, néanmoins, un charme irrésistible. Je crus au début que ce fut la même femme qu’on voyait sur les scènes du tunnel.
« Posez lui, donc, vos questions » disaient mes compagnons en pointant du doigt la vielle dame.

La seule question dont il me paraissait urgent d’y répondre fut :
- Suis-je mort ?
- -Non, répondit elle avec une voix plus jeune que ses rides ne laissaient paraître à propos de son age.
- Où suis-je ?
- Ceci n’est pas important. Posez donc une autre question, nous n’avons pas beaucoup de temps.
- De temps ? Mais pourquoi faire ?
- Pour répondre à tes questions voyons.
- Qui êtes vous ?
- Ne serait ce pas plus judicieux de te demander qui tu es au lieu de chercher que serais-je ?
- Je suis perdu. Comment voulez vous que je sache quelles questions il faut que je pose si je ne sais même pas, ou suis-je, que fais je ici, ni comment suis-je arriver jusqu’à vous et pourquoi je n’ai pas le moindre souvenir du chemin que j’ai emprunté pour arriver dans ce lieu dont j’ignore tout ?
- Tu viens tout juste de poser les bonnes questions. Mais, hélas, je ne pourrais y répondre maintenant, car le temps est bientôt écoulé.
J’ouvris les yeux, quelques instants plus tard, pour découvrir que je n’avais pas bougé de ma place. J’étais encore rue des Carmes et je marchais l’esprit ailleurs.

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